French Publication Le Figaro-Sauver Les Mustangs (Save the Mustangs)

Sauver les Mustangs

By: Jean-Marc Gonin

Mis à jour

 

Les chevaux sauvages sont si nombreux aux États-Unis qu’une agence fédérale a suggéré d’en tuer des milliers. Madeleine Pickens, une milliardaire américaine, s’est insurgée et va créer un ranch sanctuaire au Nevada pour en héberger plus de 30.000.

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Dès qu’ils perçoivent au loin le vrombissement de l’hélicoptère, les cow-boys commencent à se mettre en place. Dans le camping-car qui sert de QG, la radio crache le message du pilote: «Quatre chevaux!» A mesure que s’approche le bruit mat du rotor qui fouette l’air, les wranglers s’éparpillent. Quatre cavaliers se dissimulent derrière des buissons, deux hommes se postent chacun à une porte du corral, un dernier marche jusqu’à l’entrée du piège en menant un petit cheval brun par une longe. Soudain, l’appareil surgit derrière une butte. Quelques mètres au-dessous de lui, dans un nuage de poussière, quatre chevaux sauvages courent au grand galop, crinières au vent. Le pilote les pousse vers le fond du canyon où les cow-boys ont installé une sorte d’entonnoir composé de toile de jute tendue sur des pieux métalliques qui aboutit à un corral fermé par une barrière.

 

Quand les mustangs aperçoivent le dispositif, ils tentent de l’éviter en grimpant sur les collines. C’est là que la virtuosité du pilote intervient. Il fait virevolter son hélicoptère deux mètres au-dessus des chevaux pour les ramener vers le piège comme le ferait un chien de berger qui tourne autour de son troupeau. Simultanément, les cow-boys bondissent de derrière les fourrés et jouent les rabatteurs en déferlant au galop sur les chevaux sauvages. Lorsque les mustangs parviennent à une centaine de mètres du corral, le wrangler lâche la longe du petit cheval brun. Celui-ci se mêle aussitôt au groupe affolé. Il en prend la tête et les amène tout droit dans la nasse. Juste avant que le portail se referme sur les captifs, le cheval chargé de ce «sale boulot» s’esquive. On comprend pourquoi on le surnomme «Judas ».

La scène se déroule dans le nord-ouest du Colorado, dans le comté de Rio Blanco, dans le domaine de Piceance-East Douglas Creek. Sur ces terres arides couvertes d’armoise et parsemées de quelques arbustes paissent des centaines de chevaux sauvages. La zone est labellisée Horse Management Area (HMA, zone de gestion du cheval), un espace appartenant au gouvernement fédéral, géré par le Bureau of Land Management (BLM), une agence de Washington. Les chevaux capturés (138 prévus, 73 attrapés au bout de l’opération qui a duré onze jours) étaient ceux qui s’étaient échappés de la HMA. Dans ces vastes espaces, les mustangs cohabitent avec d’autres espèces sauvages (cervidés, antilopes, coyotes…) ainsi qu’avec du bétail que les ranchers mettent en pâturage en s’acquittant d’un droit. Les HMA sont réparties dans dix Etats: la Californie, le Nevada, l’Oregon, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, l’Idaho, l’Utah, le Wyoming, le Montana et le Colorado. En 2009, le BLM estimait à 38.000 le nombre de mustangs vivant dans ces zones – chiffre contesté par les associations d’éleveurs qui affirment qu’il y en aurait jusqu’à trois fois plus. En fait, le troupeau s’accroît d’environ 20 % par an, c’est-à-dire qu’il double tous les quatre ans. Or l’agence fédérale considère que les terrains publics sur lesquels ils vivent ne peuvent pas en nourrir plus de 24.000 – ce que réfutent les défenseurs des chevaux sauvages qui reprochent au BLM de privilégier les intérêts des éleveurs. Comme ces chevaux n’ont pas de prédateur et que la loi interdit de les tuer, il faut régulièrement organiser des round-up (captures) pour réduire leur population. En 2010, il était prévu d’en capturer 13 000. Il est trop tôt pour dresser un bilan mais il devrait être très en deçà des objectifs.

Chaque mustang coûte 1000$ par an au contribuable américain

Quand les chevaux sauvages esquivent le piège, des cow-boys les attrapent avec un lasso. (Georges Mérillon) Quand les chevaux sauvages esquivent le piège, des cow-boys les attrapent avec un lasso. (Georges Mérillon)

Quand la session de capture s’achève, les chevaux sont transférés vers un centre d’adoption. Celui du Colorado se situe à l’intérieur d’un pénitencier de Cañon City. Là, après avoir été examinés par un vétérinaire, les animaux sont dressés par des prisonniers avant d’être proposés à des particuliers. Bien qu’il s’agisse de ventes aux enchères, les chevaux partent en général pour le prix de base, 125 dollars (moins de 100 euros), faute d’acheteurs. «Le nombre des adoptions ne cesse de chuter, explique David Boyd, porte-parole du BLM. Les chevaux vieillissent donc dans notre centre.» Pas moins de 2200 mustangs attendent vainement preneur rien qu’à Cañon City. En tout, le BLM héberge ainsi 34.000 chevaux aux frais du contribuable. Pour le budget fédéral, l’entretien annuel de ces animaux coûte environ 40 millions de dollars auxquels il faut ajouter la facture des opérations de capture (sous-traitées à des entreprises spécialisées) qui se monte à environ 35 millions de dollars. En moyenne, Washington débourse 1000 dollars (790 euros) par an pour chaque mustang, en captivité ou en liberté.

En 2008, pour alléger cette charge, le BLM a expliqué qu’une solution consisterait à vendre une partie de ces chevaux à des intermédiaires qui les conduiraient vers des abattoirs au Canada ou au Mexique pour qu’ils finissent dans les boucheries chevalines. Cette perspective a provoqué un tollé aux Etats-Unis. Le mustang est un mythe de la conquête de l’Ouest, un personnage clé du western hollywoodien, une figure de la dimension de John Wayne. Pas question qu’il finisse en vulgaire steak dans l’assiette d’un Mexicain, d’un Canadien, voire d’un Français ou d’un Italien !

«Quand j’ai entendu ça, j’ai immédiatement décidé de tout faire pour les sauver», se souvient Madeleine Pickens. Epouse de T. Boone Pickens, milliardaire texan et figure de l’économie américaine, elle met son énergie et sa fortune au service de la défense des animaux en général et celle des chevaux en particulier. En 2005, elle organisa une sorte d’opération Exodus pour les animaux de compagnie de La Nouvelle-Orléans victimes de l’ouragan Katrina. Elle affréta un Boeing 737 de Continental Airlines afin de transporter 300 chiens et chats en lieu sûr vers la Californie. Elle revendique aussi la campagne qui a conduit à la fermeture des derniers abattoirs pour chevaux des Etats-Unis en 2007.

Madeleine Pickens a assisté à une capture qui a mal tourné

Pendant les pauses, les cow-boys s'entraînent au lasso et veillent sur les «captifs». (Georges Mérillon) Pendant les pauses, les cow-boys s’entraînent au lasso et veillent sur les «captifs». (Georges Mérillon)

Cette fois-ci, son projet est d’une ampleur tout autre : sauver les mustangs grâce à un sanctuaire dans le Nevada. C’est l’œuvre de sa vie. Quand elle débarque de son jet privé sur un petit aérodrome du Colorado, elle s’enquiert tout de suite des captures du BLM. «Ces opérations sont horribles, dit-elle d’emblée. Combien de chevaux sont morts?» La question fuse car Madeleine Pickens a assisté à une opération du BLM, en janvier dernier au Nevada, qui a mal tourné. En tout, 1 922 mustangs avaient été capturés, 7 étaient morts en arrivant au corral et 32 autres au centre d’adoption. Ce round-up extrêmement médiatisé avait fait redoubler de colère les défenseurs des chevaux. Mis au pilori, le BLM a expliqué la perte des 39 mustangs par leur état de santé désastreux dû au manque de fourrage qui justifie, à ses yeux, la régulation dans les HMA.

Madeleine Pickens conteste ces arguments. A force de ténacité, en faisant le siège des officiels de Washington, elle a obtenu un accord de principe en septembre dernier. Son idée d’édifier un «écosanctuaire du cheval sauvage » baptisé Mustang Monument a reçu un feu vert officiel. Elle a acquis une propriété de 57 kilomètres carrés, le Spruce Ranch, située au Nevada pour accueillir, dans un premier temps, un millier de chevaux. «C’est un premier pas, une expérience pilote, explique Madeleine Pickens. Ensuite, j’achèterai le terrain nécessaire pour héberger le reste des mustangs.» Si la milliardaire mène l’idée à son terme, le Mustang Monument sera le refuge de l’ensemble des chevaux actuellement «parqués» dans les centres d’adoption, soit 34 000 animaux. «Les Américains ne prennent pas assez soin de leur patrimoine, dit la protectrice des mustangs. Ces chevaux font partie de notre histoire. Sans eux, pas de conquête de l’Ouest!»

Madeleine Pickens a fait éditer une luxueuse plaquette qui décrit le futur sanctuaire. Sont prévues toutes sortes d’activités et d’attractions pour les enfants, allant des promenades à cheval ou en chariot aux ateliers de création. Pour les adultes, des classes de photographie, de peinture et d’écriture seront proposées. Enfin, l’élégante Texane a imaginé établir un centre de bien-être et de remise en forme où l’on fera de l’exercice, recevra des traitements dans un luxueux spa et mangera de la nourriture bio.

Dans le pénitencier de Cañon City, des détenues promènent des mustangs en cours de dressage. Ils seront ensuite mis aux enchères en vue d'une adoption, pour un prix de base de 125 dollars. Dans le pénitencier de Cañon City, des détenues promènent des mustangs en cours de dressage. Ils seront ensuite mis aux enchères en vue d’une adoption, pour un prix de base de 125 dollars.

Reste l’épineux sujet du financement. Les activités annexes ne suffiront pas à couvrir les coûts de fonctionnement de ce « ranch-musée-beauty farm ». «Je veux assurer la pérennité du Mustang Monument après ma mort, dit Madeleine Pickens, qui a 63 ans. C’est pour cela que je demande au gouvernement fédéral de participer au budget. Etant donné que ce sanctuaire rendra les centres d’adoption inutiles, je veux que l’argent qui les finance soit réorienté vers notre projet.» Mais, pour l’heure, aucun accord n’est intervenu avec Washington.

En cette fin 2010, le Spruce Ranch attend ses premiers pensionnaires. Demain, grâce au sanctuaire, les chevaux du pénitencier et ceux des autres centres d’adoption retrouveront leur milieu naturel. Quant à ceux qui y vivent encore, ils n’auront plus à détaler ni devant un hélicoptère en rase-mottes ni devant des cow-boys aux lassos tournoyants.

D’où viennent les mustangs ?

L e nom mustang vient du mexicain mestengo, qui signifie bétail errant. Les chevaux sauvages d’Amérique sont les descendants des montures que les conquistadors espagnols avaient importées lorsqu’ils ont traversé l’Atlantique. Ils se sont peu à peu dirigés vers l’Ouest et les montagnes Rocheuses, où ils ont trouvé des pâturages. Domestiqués par les Indiens et les ranchers, ils ont été abandonnés après la disparition des premiers et l’avènement de l’automobile pour les seconds. Depuis 1971, date de l’adoption d’une loi fédérale, les mustangs sont une espèce protégée.

source

English Translation:

The wild horses are so numerous in the United States that a federal agency has suggested to kill thousands. Madeleine Pickens, an American billionaire, is insurgent and will create a sanctuary in the Nevada ranch to host more than 30,000. Advertising as soon as they saw off the roar of the helicopter, the Cowboys are beginning to be put in place. In the motorhome that serves as headquarters, the radio spits out the message of the driver: “four horses! As Matt noise of the rotor that whips the air approaches, the wranglers scatter. Four horsemen hide behind bushes, two men to post each in the corral door, one last walk to the entrance of the trap by leading a small brown horse by a lanyard. Suddenly, the device pops up behind a mound. A few metres below him, in a cloud of dust, four wild horses run at gallop, Manes in wind. The pilot pushes towards the bottom of the canyon where the Cowboys have installed a sort of funnel consisting of burlap stretched on metal piles resulting in a corral closed by a barrier.

 

When the mustangs saw the device, they try to avoid it by climbing the hills. This is where the virtuosity of the pilot intervenes. He twirl his helicopter two meters above the horses and bring them back to the trap as would a shepherd dog that revolves around his flock. At the same time, Cowboys bound from behind the bushes and play touts breaking on wild horses galloping. When the mustangs reach a few hundred metres of the corral, the wrangler loose the lanyard of the small brown horse. It immediately joins the distraught group. He took the head and leads them straight into the trap. Just before the portal closes on the captives, the horse responsible for this “dirty work” absconds. We understand why they nicknamed “Judas”. The scene takes place in northwestern Colorado, in the County of Rio Blanco, in the field of Piceance-East Douglas Creek. On these arid land covered with sagebrush and dotted with a few shrubs graze hundreds of wild horses. The box is labeled Horse Management Area (HMA, the horse management area), an area belonging to the federal Government, managed by the Bureau of Land Management (BLM), an agency of Washington. Captured horses (138 planned, 73 caught at the end of the operation which lasted eleven days) were those who had escaped from the HMA. In these vast spaces, the mustangs coexist with other wildlife (deer, Antelope, coyotes…) as well as with cattle ranchers begin grazing in fulfilling a right. The HMA are distributed in 10 States: California, Nevada, Oregon, Arizona, New Mexico, Idaho, Utah, Wyoming, Montana and Colorado. In 2009, the BLM estimated at 38,000 mustangs living in those areas – figure disputed by breeders ‘ associations who claim that there are up to three times more. In fact, the herd increases about 20% per year, meaning that it doubles every four years. Yet the Federal agency believes that public lands on which they live cannot feed over 24,000 – that refute the defenders of the wild horses who reproach the BLM to favour the interests of breeders. As these horses have no predators and it is illegal to kill them, should regularly organize round-up (catch) to reduce their population. In 2010, it was intended to capture 13 000. It is too early to assess, but it should be well below targets.

 

When wild horses dodge the trap, Cowboys catch them with a lasso. (Georges Merlin) When the capture session ends, the horses are transferred to an adoption centre. That Colorado is located inside a penitentiary in Canon City. There, after have been examined by a veterinarian, animals are trained by prisoners prior to be offered to private individuals. Although it’s auctions, horses leave in general for the base price, $ 125 (less than 100 euros), lack of buyers. “The number of adoptions is constantly falling, says David Boyd, spokesman for the BLM. Horses no age in our Center.” Not less than 2200 mustangs are vainly waiting for taker alone in Canon City. In all, the BLM hosts thus 34,000 horses at the expense of the taxpayer. For the federal budget, annual maintenance of these animals cost about $ 40 million to add invoice capture operations (contracted out to specialized companies) which amounts to approximately $ 35 million. On average, Washington pays 1,000 dollars (790 euros) per year for each mustang, in captivity or freedom. In 2008, to alleviate this burden, the BLM explained that a solution would be to sell some of these horses to intermediaries who lead them to slaughterhouses in the Canada or the Mexico so they end up in the horse butcher. This prospect has caused an outcry in the United States. The mustang is a myth of the conquest of the West, a key figure in the Hollywood western, a figure of the dimension of John Wayne. No question that he finishes in vulgar steak on the plate of a Mexican, Canadian, or even a French or an Italian! “When I heard it, I immediately decided to do everything to save”, remembers Madeleine Pickens. Married Texas billionaire T. Boone Pickens, and figure of the American economy, it puts his energy and his fortune in the service of the defence of animals in general and in particular horses. In 2005, she organized a sort of operation Exodus for the pets of New Orleans victims of Hurricane Katrina. She affréta a Continental Airlines Boeing 737 to transport 300 dogs and cats in a safe place to California. It also claims the campaign which led to the closure of the last slaughterhouses for horses in the United States in 2007.

During breaks, the Cowboys train roping and watch over the “captive”. (Georges Merlin) This time, his project is of any magnitude: save the mustangs thanks to a sanctuary in Nevada. It is his life’s work. When she landed his private jet on a small airfield of Colorado, it immediately enquired about catches of the BLM. “These operations are horrific, she said of immediately. ” “How many horses are dead? ” The question fuse because Madeleine Pickens attended an operation of the BLM last January in Nevada, which went wrong. In all, 1,922 mustangs were captured, 7 were dead arriving at the corral and 32 others in the adoption centre. This highly publicized round-up had been redoubled angry advocates of horses. Put in the pillory, the BLM said the loss of the 39 mustangs for their disastrous health due to the lack of fodder that justifies, in his eyes, the regulation in the HMA. Madeleine Pickens dispute these arguments. By dint of tenacity, while the siege of Washington officials, she obtained an agreement in principle last September. His idea to build a “ecosanctuaire of the wild horse” called Mustang Monument was given an official go-ahead. It has acquired a property of 57 square kilometers, the Spruce Ranch, located in Nevada to welcome, as a first step, a thousand horses. “This is a first step, a pilot experience, says Madeleine Pickens. Then, I will buy the land necessary to host the rest of the mustangs.” If the billionaire leads the idea to an end, the Mustang Monument will be the refuge of all the horses currently “parked” in the centres of adoption, or 34,000 animals. “Americans do take enough care of their heritage, said the protectress of the mustangs. These horses are part of our history. “Without them, no conquest of the West! Madeleine Pickens has made editing a luxurious booklet that describes the future sanctuary. Are provided for all kinds of activities and attractions for children, ranging from excursions on horseback or wagon to workshops. For adults, writing, photography, and painting classes will be offered. Finally, the elegant Texas has devised to establish a wellness and fitness centre where will be exercise, will receive treatments in a luxurious spa and eat organic food.

 

The Government puts the mustangs into an auction for adoption, for a base price of $ 125. Remains the thorny issue of financing. Related activities will not be enough to cover the operating costs of this “ranch-Museum-beauty farm. «I want to assure the sustainability of the Mustang Monument after my death, said Madeleine Pickens, who is 63 years old.» That is why I ask the federal Government to participate in the budget. Given that this sanctuary will make unnecessary adoption centres, I want the money that funds be redirected towards our project.” But, for the time being, there is no agreement with Washington. In this 2010, the Spruce Ranch awaits its first residents. Tomorrow, thanks to the sanctuary, the horses of the penitentiary and those of other adoption centres meet their natural environment. As for those who live there still, they no longer have to scamper to a helicopter flying low or to Cowboys to danglers lassos. Where do mustangs? L e name mustang comes from the Mexican mestengo, meaning wandering livestock. American wild horses are descended from mounts that Spanish conquistadors had imported when they crossed the Atlantic. They slowly headed towards the West and the Rocky Mountains, where they found pastures. Domesticated by Indians and ranchers, they were abandoned after the disappearance of the first and the advent of the automobile for the latter. Since 1971, date of the adoption of a federal law, the mustangs are a protected species.